Sacré corvée

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La Sacrée corvée perpétue la tradition du lin

Dimanche le 25 septembre 2011 s’est tenu la Sacré corvée à Saint-Léonard, initiant quelques dizaines de personnes à la culture traditionnelle du lin, dans le cadre le Biennale internationale du lin de Portneuf.

Fibre complexe à transformer, le lin est l’objet d’un intérêt tout particulier à Saint-Léonard depuis le milieu des années 1970. Conscients de son importance patrimoniale, des citoyens se sont activés depuis ce temps à préserver les connaissances indispensables à la culture et à la transformation de la fibre de lin. Saint-Léonard est un des rares endroits au Québec où on peut assister et participer à l’arrachage, le rouissage (séchage à même le sol des champs), le broyage, le peignage et le filage traditionnel du lin textile.

En plus de la corvée d’arrachage des plants de lin, plusieurs activités se sont tenues qui ont rappelé aux gens présents que, pour leurs ancêtres, les mots corvée et fête allaient de pair. En effet, un dîner barbecue, une activité de confection d’épouvantails ainsi qu’une prestation des New Cackel Sisters ont tous permis d’animer l’atmosphère en après-midi. De plus, en avant-midi, une messe biconfessionnelle s’est tenue à l’église de Saint-Léonard. Ensuite, le Lai Minister Glen Marcotte, d’obédience anglicane, ainsi que l’abbé Louis Corriveau, catholique, ont procédé à la bénédiction de la récolte.

Le lin qui a été récolté à cette occasion fut utilisé pour alimenter le métier à tisser de la Caserne du lin et ainsi sensibiliser les passants à son importance patrimoniale. Une quantité fut aussi utilisée par des artistes de la Biennale internationale du lin de ainsi que par le festival Brayon qui se tient au Nouveau-Brunswik.


 

La culture du lin est une part intégrante de l’histoire du Canada français en général et du comté de Portneuf en particulier. C’est l’Intendant Jean Talon qui, autour de 1665, a introduit la culture du lin en Nouvelle-France, incitant ensuite les religieuses à transmettre l’art du filage et du tissage. Souvent vu comme étant le « tissu des pauvres », il était cultivé par les colons de la Nouvelle-France qui en faisait des vêtements, des linges, des draps et autres fournitures textiles indispensables. Au fil du temps, « l’étoffe du pays » devint un symbole pour les gens d’ici. Il n’y a qu’à penser aux Patriotes de 1837-1838 qui se faisaient une fierté de porter les vêtements fait de lin confectionnés par leurs mères et leurs femmes, plutôt que du coton qui était alors importé déjà tissé par des navires anglais et américains.

Le lin est probablement, selon les plus récentes recherches archéologiques, la première fibre textile qui a été utilisée par l’Homme. En effet, des recherches dont les résultats ont été publiés en 2009 font état de plusieurs centaines de fragments de lin qui ont été trouvés dans la grotte de Dzudzuana, en Géorgie. Selon les paléontologues à l’origine de l’étude, plusieurs indices laisseraient penser que la fibre a été travaillée, transformée et teinte par des mains humaines. Ces artefacts dateraient de 36 000 ans.

Source :
Culture et Patrimoine
Écrit par Charles Laviolette
Lundi, 26 Septembre 2011

Prestation des New Cackel Sisters (Québec)