Guimarães en Québec

Deux artistes québécoises en résidence de création, confinées au Québec.

Toujours soucieux de se renouveler et d’accroître le rayonnement de leur organisme et des artistes dont ils exposent les œuvres, le Comité de direction artistique (CDA) de la BILP est à l’affût de tout événement qui fait la promotion des arts textiles. Ainsi Contextile, un événement qui a lieu au Portugal, a retenu l’attention du comité. Les deux biennales font la promotion des arts et de la culture à partir d’éléments patrimoniaux et proposent des activités qui favorisent le dialogue entre le créateur et la communauté.

Depuis 2016, le CDA a développé avec ses homologues portugais un partenariat et un réseau d’échanges d’artistes en résidence de création. L’entente établie avec Contextile contribue à faciliter le parcours des artistes associés à la BILP en ce qui a trait à leur participation à un événement international hors Canada. Le fait que les deux événements ont lieu en alternance représente un avantage certain pour les artistes et pour les organisateurs.

Un premier cycle d’échanges a eu lieu en 2017 et 2018. Des artistes liés à la BILP et des artistes liés à Contextile ont été invités en résidence de création à Deschambault et à Guimarães, alternativement. Un deuxième cycle d’échanges a été entrepris en 2019 avec la venue de deux artistes portugaises au Québec.

En raison de la situation sanitaire internationale, les artistes québécoises n’ont pas pu se rendre au Portugal pour réaliser leur résidence de création. Différentes options ont été envisagées par les organisateurs de Contextile en concertation avec le CDA de la BILP et les artistes concernées afin de trouver des solutions alternatives qui ont tout de même permis d’assurer la participation québécoise à l’événement portugais. L’utilisation des technologiques numériques est venue remplacer le déplacement au Portugal, tout en préservant les échanges entre les artistes et la population de Guimarães.

La vidéo Guimarães en Québec, Artistes à résidence, réalisée par Denis Baribault et Odile Pelletier de Saint-Raymond, nous permet de suivre l’évolution des projets de Michèle Lorrain, une artiste de Sainte-Louise et de Mylène Boisvert, une artiste de Montréal. Ce journal impressionniste rend compte des contraintes et difficultés qu’elles ont dû surmonter pour mener à bien leurs projets et de la résilience des créateurs face au défi posé par la pandémie. Les oeuvres qui en résultent sont présentées à Guimarães du 5 septembre au 25 octobre dans le cadre de Contextile 2020.

Le travail de Michèle Lorrain est lié à la pratique du dessin, de l’installation et de la vidéo. Son travail porte sur les formes de l’habiter, les manières de percevoir les architectures vernaculaires ou d’imaginer des espaces construits. Sa pratique s’alimente aux notions de durée, de trame et de trace. Michèle Lorrain est membre d’Est-Nord-Est, résidence d’artiste. Elle a participé à la BILP 2017 Passé Inaperçu.

À travers différents projets, Mylène Boisvert s’inspire de la richesse de l’histoire des textiles pour créer des structures et des ennoblissements sur des papiers faits main à partir d’un langage et d’une gestuelle personnalisée. Elle file le papier pour en faire le matériau de base de son travail. Elle établit ainsi un vocabulaire textile formé par ses propres codes qu’elle applique minutieusement tout au long de la création. Mylène Boisvert compte plusieurs années d’expérience comme designer textile et est enseignante au Centre design & impression textile et au Centre des textiles contemporains de Montréal. Elle a participé à la BILP 2011 Homemade Handmade.