Catégorie : Oeuvres

Lise Nantel (Québec)

 Lise Nantel | Photo: Idra Labrie
Lise Nantel | Photo: Idra Labrie

L’infiltration des petits riens (2009)

Fil de lin, lin, terre, graines et objets trouvés.

Linen (thread and fabric), seeds, soil, found objects.

Les objets fabriqués par Lise Nantel prennent possession de la galerie nord tels des ex-voto inhabituels : envahissant l’espace, fixés sur des tiges ou installés sur les bancs ou sous eux, ils revendiquent une place à part, à la fois comme objets de rituel et objets familiers, modestes offrandes qui cherchent à réconcilier l’art et la vie quotidienne. Les œuvres de Lise Nantel s’inspirent souvent de formes organiques. Ici, c’est le lin comme plante qui sert de référence, la plante aux racines pivotantes qui creusent le sol, celle dont on fait le tissu qui enveloppe et qui protège.

The objects made by Lise Nantel take possession of the north gallery like so many unusual ex votos. Set on rods, installed on or under pews, they fill the space, demanding a status of their own as both ritual and familiar objects, modest offerings that seek to reconcile art and daily life. The works of Lise Nantel are often inspired by organic shapes. Here, it is the flax plant that serves as a reference, the plant whose twisting roots dig down into the soil, the plant that yields the fabric that envelopes and protects.


 

Lise Nantel vit et travaille à Montréal. Détentrice d’une maîtrise en arts visuels de l’UQAM, elle enseigne les arts visuels depuis 1985. Sa volonté de diversifier les champs d’intervention de l’art a inspiré la création et la diffusion d’œuvres, souvent éphémères, dans des contextes non traditionnels : recherches et publications sur l’art populaire, création d’éléments visuels pour des manifestations politiques, aménagement de lieux de recueillement, fondation d’une maison d’édition féministe. Son travail puise dans les matériaux du quotidien, et notamment les textiles. Il vise à faire reconnaître des savoirs liés tant au travail domestique qu’à l’horticulture, l’ethnologie ou l’art et à les réintégrer dans la vie de tous les jours.

Lise Nantel lives and works in Montréal. Holder of a master’s degree in visual arts from UQAM, she has taught visual arts since 1985. Her will to diversify the fields of intervention of art has inspired the creation and dissemination of works—often ephemeral ones—in non-traditional contexts: research and publications on popular art, creation of visual elements for political demonstrations, arrangement of places of meditation, and the founding of a feminist publishing house. Her work draws on everyday materials, notably textiles. It aims to stimulate appreciation for types of knowledge related to housework, as well as to horticulture, ethnology and art, and reintegrate them into our everyday lives.

Kaarina Kaikkonen (Finlande)

Kaarina Kaikkonen | Photo: Idra Labrie
Kaarina Kaikkonen | Photo: Idra Labrie

Syvyydestä [Depuis les abîmes]  (2009)

Vestons, bois, acier. Jackets, wood, steel.

L’installation extérieure de Kaarina Kaikkonen se fonde sur le veston comme métaphore du corps et de la solidarité du groupe. Les vêtements ainsi réunis les uns à la suite des autres donnent une image double : celle d’un bataillon qui monte à l’assaut de la cheminée ou, inversement, qui vient secourir la maison. Le vent qui gonfle les tissus ou les agite contribue à les rendre encore plus humains. Les vêtements sont couramment utilisés dans la pratique de Kaikkonen ; si ses références sont autobiographiques, le repère personnel prend ici une dimension universelle.

In Kaarina Kaikkonen’s outdoor installation, the jacket becomes a metaphor for the body and human solidarity. Lined up, the garments suggest a dual image: that of a battalion marching against the chimney, or, inversely, of one coming to the home’s rescue. As they billow and flutter, the wind that breathes on and through them makes the fabrics more human. Clothing is commonly used in Kaikkonen’s practice. Though her references are autobiographical, here the personal takes on a universal dimension.


Kaarina Kaikkonen est diplômée de l’Académie finlandaise des beaux-arts. Elle expose en Europe et aux États-Unis depuis le début des années 1980 et a réalisé plusieurs œuvres d’art public, principalement en Finlande. Sa pratique se fonde sur la mémoire, celle de ses parents et celle des objets qui leur ont appartenu ou qu’elle récupère pour former ses œuvres. L’une de installations les plus impressionnantes a été produite en 2000 sur l’escalier menant à la cathédrale d’Helsinki ; elle consistait en 3000 vestons usagés, simplement déposés sur les marches.

Kaarina Kaikkonen graduated from the Finnish Academy of Fine Arts. She has exhibited in Europe and the United States since the early 1980s and has realized a number of public artworks, mainly in Finland. Her practice is based on memory, the memory of her parents and the memory of things that belonged to them or that she has recovered to shape her works. One of her most striking installations was produced in 2,000 on the stairway leading to the Helsinki cathedral. It consisted of 3,000 used jackets, simply laid on the steps.