Auteur/autrice : biennaledulin

Rochelle Rubinstein (Ontario)

No Fixed Abode (2023)

Estampes par bloc de bois ou de linoléum et broderie sur lin 

Rochelle Rubinstein s’intéresse à l’inhumation naturelle et aux vêtements funéraires, particulièrement ceux de traditions juive et musulmane. Depuis des millénaires, les corps des défunts sont enveloppés dans des linceuls ou des vêtements plus ou moins élaborés, souvent réalisés en lin. Pour l’artiste, le fait d’ensevelir les dépouilles enveloppées dans des tissus naturels, sans embaumement, sans incinération nocive pour l’environnement, sans ériger de structures particulières, participe à une démarche respectueuse de l’écosystème. Est-il vraiment nécessaire que les morts élisent domicile sous une rangée de pierres tombales ou dans un columbarium alors que, redevenus poussière, ils pourraient circuler dans la nature, au gré de ses cycles ?

Rochelle Rubinstein vit et travaille à Toronto. Elle est graveuse, peintre, artiste du textile et du livre. Elle a étudié à la Yeshiva University, à New York. Son travail a été exposé au Canada, aux États-Unis, en Estonie, en Irlande et en Angleterre. Ses œuvres font partie d’importantes collections publiques et privées. Parallèlement à sa carrière de créatrice, elle mène de nombreux projets d’animation artistique communautaire.

 

Philip Hare (Nouvelle-Écosse)

Vale of Tears (2023)

Installation  ̶  Lin, feutre, fil, bois et lettre encadrée

Il semble qu’au Canada, 25 % à 40 % des jeunes itinérants s’identifieraient aux communautés LGBTQ2S. Partout dans le monde, des homosexuels se voient refuser un logement. Partant de ces données et de plusieurs autres statistiques plus alarmantes les unes que les autres, Philip Hare conçoit une installation qui relate sa propre histoire, son propre drame. Il évoque la vallée de larmes qu’il a dû traverser afin de résister aux agressions émotives et verbales qu’il a subies. Sous l’abri fragile formé par une nappe qui lui vient de sa grand-mère, il expose la lettre dans laquelle son père lui a fait comprendre que, pour lui, il était mort.

Philip Hare est un artiste multidisciplinaire vivant en Nouvelle-Écosse. Son travail est principalement basé sur le textile, mais intègre également des matériaux recyclés pour créer des installations à la fois immersives et performatives. Il a obtenu un diplôme en design graphique du Sheridan College et a étudié à l’Ontario College of Art and Design. Ses grands assemblages cousus à la main ont été exposés partout au Canada.